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Livres. Pêcheur de perle

Bifteck. Martin Provost. Ed. Phébus, 128p, 11€
Il était une fois un jeune boucher qui avait le don de faire chanter la chair des femmes…

La marée littéraire déferle. En relevant les filets, nous avons trouvé du frais, de bon, du beau. Et même quelques perles rares. Ironie du sort la première s’appelle Bifteck. Elle est signée Martin Provost. Ecrivain et cinéaste -réalisateur de Séraphine- Martin Provost nous a mijoté un conte aux petits oignons. » Lire la suite de cet article

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sortilèges de la rentrée

La rentrée ? Vestige d’une France agricole qui rentrait ses moutons, ce mot sonne la retraite et sent le renfermé. Par attachement aux traditions agraires, on rentre les enfants, et les enfants rentrent à l’école comme en hibernation. Quel dommage de compromettre l’avenir pour avoir mis le vocabulaire à l’envers. Par Dagobert, quel saint Eloi nous le remettra à l’endroit? » Lire la suite de cet article

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Rentrée littéraire. Première vague. Gaudé, Jacob, Vallejo d’Ormesson

Ouragan
Laurent Gaudé Ed. Actes Sud, 189p, 18€.

Le 29 août 2005, la tempête Katrina approche de la Nouvelle-Orléans. En quelques heures elle va dévaster la région. Des milliers de personnes, en majorité des Noirs, vont tout perdre et se refugier dans un stade. Laurent Gaudé fait de ce cyclone le décor d’une catastrophe qui met des personnages à l’épreuve du ciel et de la terre. Des prisonniers s’évadent, un ancien ouvrier d’une plateforme pétrolière revient à contre courant pour tenter de sauver la femme et l’enfant qu’il avait abandonnés, un curé démoniaque joue les imprécateurs. Chacun à sa façon incarne un échantillon représentatif de la misère, de la grandeur et de la servitude humaines. Au centre de cet enfer, Josephine Linc. Steelson « négresse depuis presque cent ans » transmets sont énergie vitale aux survivants de cette ville oubliée du monde. Pivot et âme de ce roman, elle refuse de capituler. Avec l’énergie du désespoir elle se dresse face à ce déluge. Laurent Gaudé écrit comme un auteur dramatique. Ce roman possède la tension et l’intensité d’une tragédie antique avec son chœur noir et ses héros fragiles et prométhéens. Il vous emporte et vous empoigne dans le temps et l’espace d’une catharsis foudroyante. De chaque page monte la beauté et la puissance d’un gospel profond et rythmé. Il gronde encore longtemps après son passage. Soufflant!
Corps.
Fabienne Jacob. Ed. Buchet-Chastel, 160p, 13,50€.

“Je n’aime pas les femmes comblées, tout le monde pense qu’elles sont heureuses elles ont tout pour l’être. Je ne le pense pas, elles ne sont pas heureuses j’aime mieux les femmes à qui il manque quelque chose celles qui désirent à celles qui possèdent. J’aime mieux celles qui continuent d’attendre qui continuent de palpiter.” Monika travaille dans un institut de beauté en Lorraine. Chaque jour elle observe et écoute les femmes qui défilent dans sa cabine. La plupart ne sont plus très jeunes, plus très belles. En manipulant leur chair, elle pénètre loin dans leur esprit. En lui abandonnant leurs corps elle lui ouvrent leurs regrets, leurs détresse, mais aussi leurs espérances. Monika n’aime pas les corps parfaits, intact de femmes lisses ; elle préfère ceux qui vivent vécu et en portent les marques. Les portraits épidermiques et précis qu’elle fait de ses clientes sont parfois brouillés par ses propres souvenirs d’enfance. Le tout compose une galerie de portraits des femmes qui dépasse les apparences pour toucher l’essentiel. Charnel, émouvant et drôle. Un perle dans la marée littéraire de la rentrée.
Les sœurs Brelan
François Vallejo. Ed. Viviane Hamy 280p, 22€.

A la mort de leur père, trois sœurs, Sabine, Marthe et Judith, menacées d’être mises sous tutelle par une cousine cupide, se replient dans la grande maison de famille. Leur résistance scandalise. Pour garder leur indépendance, Sabine et Marthe travaillent. L’une dans un cabinet d’architectes, l’autre chez un entrepreneur allemand qu’elle épousera. Le premier compte sur le mariage de la seconde pour emporter des marchés à Berlin. Peu à peu, l’une et l’autre prennent l’ascendant sur ces hommes. Quant à la benjamine, idéaliste et provocante, elle joue avec le feu au point que la police s’intéresse à elles. Réuni, le trio fera-t-il taire la calomnie ? De son écriture souple et incisive François Vallejo brosse une intrigue à la Chabrol que Simenon aurait aimé lire. Le coup de pâte ironique de Vallejo donne à cette histoire la tournure d’une comédie humaine inédite et brillante. Un brelan de dames gagnant.

VERBATIM

C’est une chose étrange à la fin que le monde.
Jean d’Ormesson. Ed. Robert Laffont, 314p, 21€.

« Je passe pour un écrivain léger -je ne m’en défends pas- mais je voulais me mesurer à des questions graves. C’est mon roman le plus hardi, le plus ambitieux. Je le porte depuis longtemps. Ce n’est pas l’âge qui me l’a fait écrire. Il m’est venu d’un sentiment d’étonnement, de gaîté, d’admiration et de gratitude devant la vie. Cette disposition est assez peu répandue aujourd’hui. On préfère l’ironie et la dérision. Cependant je suis lucide et je n’ignore ni la souffrance, ni les douleurs, ni la peur. Je sais que cette vie que j’ai tant aimée est une vallée de larmes. Dans ce livre Dieu observe, commente -j’espère en souriant- la beauté et à la complexité du monde, la grandeur et la médiocrité des hommes. Pour essayer de régler ce problème je mets ce grand romancier face à la totalité de l’histoire de l’univers, des sciences, de la mythologie et des religions. Bien sûr j’aborde la question de la mort. Comment l’éviter? Nous ne mourrons pas, nous mourons. Heureusement, car l’idée de ne pas mourir me fait horreur. En m’emportant dans l’immense courant du temps, ce livre m’a guéri de mon angoisse face à la vie. »

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Ouragan. Laurent Gaudé. Ed. Actes Sud, 189p, 18€

Le 29 août 2005, la tempête Katrina approche de la Nouvelle-Orléans. En quelques heures elle va dévaster la région. Des milliers de personnes, en majorité des Noirs, vont tout perdre et se refugier dans un stade. Laurent Gaudé fait de ce cyclone le décor d’une catastrophe qui met des personnages à l’épreuve des forces du ciel et de la terre. Des prisonniers s’évadent, un ancien ouvrier d’une plateforme pétrolière revient à contre courant pour tente de sauver la femme qu’il avait abandonnée, un curé démoniaque joue les imprécateurs. Chacun à sa façon incarnent un échantillon représentatif de l’humanité Au centre de cet enfer, Josephine Linc. Steelson « négresse depuis presque cent ans » transmets sont énergie vitale aux survivants de cette ville oubliée du monde. Pivot et âme de ce roman, elle refuse de capituler et se dresse face à ce déluge. Laurent Gaudé écrit comme un auteur dramatique. Ce roman possède la tension et l’intensité d’une tragédie antique avec son chœur noir et ses héros fragiles. Il vous emporte et vous empoigne dans le temps et l’espace d’une catharsis foudroyante. De chaque page monte la beauté et la puissance d’un gospel profond et rythmé. Il gronde encore longtemps après son passage.

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VERBATIM

C’est une chose étrange à la fin que le monde.
Jean d’Ormesson. Ed. Robert Laffont, 314p, 21€.

« Je passe pour un écrivain léger -je ne m’en défends pas- mais je voulais me mesurer à des questions graves. C’est mon roman le plus hardi, le plus ambitieux. Je le porte depuis longtemps. Ce n’est pas l’âge qui me l’a fait écrire. Il m’est venu d’un sentiment d’étonnement, de gaîté, d’admiration et de gratitude devant la vie. Cette disposition est assez peu répandue aujourd’hui. On préfère l’ironie et la dérision. Cependant je suis lucide et je n’ignore ni la souffrance, ni les douleurs, ni la peur. Je sais que cette vie que j’ai tant aimée est une vallée de larmes. Dans ce livre Dieu observe, commente -j’espère en souriant- la beauté et à la complexité du monde, la grandeur et la médiocrité des hommes. Pour essayer de régler ce problème je mets ce grand romancier face à la totalité de l’histoire de l’univers, des sciences, de la mythologie et des religions. Bien sûr j’aborde la question de la mort. Comment l’éviter? Nous ne mourrons pas, nous mourons. Heureusement, car l’idée de ne pas mourir me fait horreur. En m’emportant dans l’immense courant du temps, ce livre m’a guéri de mon angoisse face à la vie. »

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Cinéma. Poetry, de Lee Chang-Dong. Sortie le 25 août

Blier demande à ses acteurs de se lacher. Le cinéaste coréen Lee Chang-Dong les prie de tout retenir. Cette retenue filtre et purifie le jeu jusqu’à ne laisser passer que l’essence des émotions. Il fallait en arriver là pour raconter l’histoire de Mija. Cette femme excentrique, curieuse et coquette vit seule avec son petit-fils dans une ville proovinciale. Pour freiner la perte de mémoire qui la gagne, Mija va suivre des cours de poésie qui lui apprendront à voir le monde en beauté. Mais un drame soudain l’enlaidit. A sa façon elle tentera d’échapper à cette vision. Une merveille. Ce film a reçu le prix du scénario au festival de Cannes 2010.

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Cinéma. Le bruit des glaçons de Bertrand Tavernier. Sortie le 25 août

Depuis que sa femme l’a quitté parce qu’il lui préférait le blanc sec on the rocks, Charles, (Jean Dujardin) grand écrivain en panne vit en ascète dans sa bastide façon Côté Sud. Seule Louisa, la servante au grand coeur, (Anne Alvaro) lui reste fidèle et dévouée. La vie s’écoule ainsi sur le gosier en pente du misanthrope. Mais un beau matin un intru (Albert Dupontel) sonne avec insistance et dérange sa déréliction. Avec son petit air tenace  de représentant en art ménager, il se présente: “je suis votre cancer”. De passage dans la région, il est venu faire connaissance de sa victime. A la fois macabre et tendre, provocante et poétique, cette farce possède la force expressionnistes et grimaçante mais aussi le burlesque bachique des peintures primitves. Le rire sarcastique lui évite le mélo. La violence du traitement frontale de la rencontre du patient et de “son” cancer butte sur la fantaisie débridée du cinéaste. Bien assorti, le binôme Dupontel-Dujardin joue le jeu avec plaisir et le fait partager. Seule l’image du corps médical échappe à ce traitement et vire à la caricature. Le cynisme des chirurgiens n’a d’égal que l’impuissance du mg de campagne. La bonhommie indulgente et le flair de ce dernier force néanmoins la sympathie. Le caractère loufoque de ce film n’empêche pas que bien des malades se reconnaîtront dans ce face-à-face où le destin se heurte à l’ironie du sort. Sans aucune prétention prophylactique ou préventive,  cette illustration inédite et souvent juste de la relation du patient avec “son” cancer a reçu le soutien de la Ligue contre le cancer. Pour faire bonne mesure il aussi reçu celui des viticulteurs du Languedoc…Les uns trouveront donc le verre à moitié vide, les autres le verront à moitié plein. Autrement encore un Bertrand Blier, bien frappé, un!

JUL.10
8

Fortune du pot

Pas de garden-party avant d’être sorti du rouge. Instituée en 1978 par le président Giscard d’Estaing, la réception du 14 juillet dans les jardins de l’ Elysée est supprimée par Nicolas Sarkozy. Question d’économie. » Lire la suite de cet article

JUL.10
1

Humeur. contre-emplois

Jeudi 1er juillet, en soutien à Didier Porte et Stéphane Guillon, l’Intersyndicale de Radio France réunit les états-généraux des fousballeurs. Motif : pour avoir envoyé le bouchon un peu loin, ces plaisantins de la matinale de France Inter sont remerciés par leur direction. Un crime lèse cabotin. La profession de bouffon est l’un des plus vieux métiers du monde. Un métier casse-gueule. Guillon et Porte l’entendent autrement. Ils le voudraient garanti par le gouvernement. Ces humoristes ont de leur métier une conception petite bourgeoise : maximum de reconnaissance, minimum de risque. Un emploi protégé en quelque sorte. Mais quand la satire devient une routine, elle patine. Narcissique et auto-satisfaite, elle n’a plus qu’elle-même pour raison d’être. Le fou du roi tendait un miroir grotesque à son maître. Sachant qu’il pouvait tout perdre, Rigoletto pouvait tout se permettre. C’était la règle du jeu. Aujourd’hui ces messieurs se prennent au sérieux et voudraient être pris pour des rois. Circonstance atténuante: souvent nos rois font les fous.

JUL.10
1

ciné. A 5 heures de Paris *** De Léon Prudovsky

Etre ou ne pas être fleur bleu : lui, chauffeur de taxi, doit partir pour Paris où aura lieu la bar-mitsva de son fils ; elle, prof de musique, doit repartir au Canada avec son mari. Elle et lui, n’ont aucune raison de s’aimer. Mais ils prennent le même vol et comme dit l’autre, le cœur a ses raisons que l’avion ne connaît pas….Bien tournée, une histoire d’amour impossible peut virer à la comédie légère. C’est le cas de ce mélo tout en finesse où la timidité d’une père aérophobique et la mélancolie d’une épouse en transit se combinent si bien que le rire le dispute à l’émotion. Décollage en douceur.